Mon Engagement par Alain Juppé
Et puis, j'avais assisté au retour sur la scène politique, en 1958, d'un personnage dont mes profs d'histoire ne m'avaient pas beaucoup parlé (on terminait rarement le programme!)mais qui, peu à peu, m'a fasciné: De Gaulle.On m'a aussi souvent demandé ce que pouvait bien signifier le "gaullisme" pour un jeune Français né en 1945. J'y ai beaucoup réfléchi et j'ai fini par résumer ma pensée en une formule: humanisme + patriotisme. Ou pour parler un langage plus orthodoxe - et Dieu sait si j'ai rencontré des gardiens sourcilleux de l'orthodoxie gaulliste- "une certaine idée de l'Homme" et "une certaine idée de la France".Le gaullisme, c'est d'abord la volonté de mettre l'action politique au service de la personne humaine, de sa dignité, de sa liberté, de sa responsabilité, de ses chances de promotion sociale, de sa participation active à la vie de la cité comme à celle de l'entreprise. Je pourrai développer.En second lieu, c'est un amour passionné de la France, vécue non point comme une entité désincarnée mais comme une personne de chair et d'histoire. Enfin, ce que j'aimais dans cette approche de la politique, c'est qu'elle était pragmatique. Je me suis toujours méfié des idéologies, des systèmes de pensée "clef en mains"; ils ont toujours conduit à des aberrations ou à des tragédies, à commencer par le marxisme-léninisme. C'est bien plus difficile, bien plus exigeant sur le plan intellectuel de savoir garder le sens de la mesure, cet "esprit de modération" si cher à mon maître , le Bordelais Montesquieu.


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